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Résumé du conflit

HISTOIRE d'YGOS > YGOS EN GREVE 1926

Le 29 novembre 1925, un syndicat des métayers, résiniers et vignerons se constitue à Ygos sans s'affilier à une fédération syndicale, puis le 24 janvier 1926 un autre syndicat voit le jour à Carcen-Ponson. Le syndicat d'Ygos compte jusqu'à 200 adhérents. Son président d'honneur est Maurice Lamarque, maire, industriel du bois et propriétaire foncier, mais, dans la pratique, le syndicat fonctionne sans lui. Les syndiqués rédigent un cahier de revendications qui est soumis aux propriétaires fonciers, le 28 février 1926. Après le refus des propriétaires, des grèves des travaux agricoles se déclenchent le 3 mars à Ygos, puis le 13 mars, à Carcen-Ponson. Malgré l'arrivée, le 7 mars, à Ygos des responsables de la C.G.T. (Joseph Désarménien, Aimé Rey et Marty Rolland) qui prônent le calme et critiquent la décision de la grève, le conflit se durcit progressivement : les métayers détruisent les pots à résine, éciment plusieurs centaines de pins et incendient une palombière.

Le conflit se règle au coup par coup, chaque métayer révisant les conditions de son engagement auprès de son propriétaire. Les conflits prennent fin le 28 mars à Ygos, et le 15 avril à Carcen-Ponson. Dans l'ensemble, les métayers n'ont obtenu que des aménagements partiels, sans qu'il y ait une remise en cause du métayage ou de réelle augmentation générale de leur part des récoltes. Les redevances sont ainsi maintenues concernant le quart de porc. Les conflits ont surtout signalé une radicalisation de la lutte des métayers pouvant servir les militants communistes de la C.G.T.U. et du P.C.F. dans leur concurrence avec la C.G.T., qui a refusé de soutenir le mouvement. Ainsi, en provenance de Bordeaux, le leader paysan du P.C.F., Renaud Jean, arrive à Ygos l'après-midi du jour de l'assemblée générale des métayers qui vota la fin de la grève. Il s'entretient avec le bureau du syndicat avant de repartir pour Mont-de-Marsan vers 21 heures.

En outre, la tension sociale ne faiblit pas, car dès le mois de mai 1926, des congés sont signifiés aux meneurs du mouvement à Ygos et à Carcen-Ponson. Les contestations face à l'expulsion des métayers en lutte font d'Ygos le centre du mouvement syndical landais de cette période : les réunions y sont très fréquentes et fortement suivies. Le 18 février 1927, Renaud Jean y prend la parole devant environ 300 auditeurs. Le 12 juin 1927, Jean-Laurent Grué, président du syndicat local C.G.T., organise une conférence qui réunit 500 auditeurs. Il faut également à souligner que le syndicat landais des ouvriers bûcherons (60 inscrits) y a installé son siège.

Après le congrès des métayers de Sainte-Marie-de-Gosse du 18 janvier 1926, une nouvelle réunion très importante de l'Union C.G.T. des syndicats confédérés de l'Adour se déroule sous la halle d'Ygos, le 20 novembre 1927. Annoncée par des affiches et des tracts dans tout le département ainsi que dans le Sud de la Gironde et dans l'Ouest du Lot-et-Garonne, cette réunion a pour but de présenter le projet de modification de la loi sur le métayage de 1889. Plus de 1 500 personnes assistent à la réunion, qui est animée par Jean-Laurent Grué, et à laquelle participent également Joseph Désarménien, Léo Bouyssou et Paul Deyris ainsi que le dirigeant national de la C.G.T., Léon Jouhaux. On annonce alors le dépôt du projet de loi par le député landais et radical Robert Lassalle. Renaud Jean, qui n'a pas été invité, est également présent. Il dénonce dans ce projet de loi, une manœuvre électoraliste des députés radicaux, condamne le projet comme n'apportant rien de vraiment nouveau et annonce son intention de déposer des amendements, si le projet est discuté avant les élections de 1928, ce dont il doute avec raison. Le dépôt du projet ne connaît en effet pas de suite, et il faut attendre 1946 pour obtenir la loi qui permette le passage du métayage au fermage.


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