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L'ESPOURGUERE

TRADITIONS & DIVERS



" L'ESPOURGUERE "
Dépouillage ou effeuillage de l'épi de maïs après récolte

Mais avant, la récolte

Les paysans d'Antan, qui pratiquaient bien sûr l'agriculture BIO et RAISONNEE, effectuaient la culture de leur champs avec des attelages de bœufs ou de mules pour le labour, hersage, ...,transport, travaux de traction..., bien sûr sans la moindre émission de CO², juste peut-être un peu de méthane et beaucoup de sueur.
Pour la récolte du maïs, lorsque les épis étaient arrivés à maturité, le paysan invitait toute sa famille, ainsi que quelques voisins a participer au ramassage.
La récolte s'effectuait principalement l'après-midi et par beau temps. La matinée permettait au feuillage des épis de sécher en surface
Une ou deux charrettes étaient préparées pour l'occasion afin de recevoir les épis récoltés. Dans ces charrettes étaient entreposés paniers, corbeilles, et autres accessoires qui serviront à la récolte (
sans oublier la gourde ), et surtout, un panier recouvert d'une serviette, contenant le goûter. Le tout était amené sur le champ à récolter, à une ou à chaque extrémité du champ de maïs.
Chaque personne se munissait d'un panier (
"tistet", "tistère" ou "cluscot" en gascon ) et "prenait" un sillon à ramasser  qu'il était seul à récolter.
Ils prenaient les épis un à un, à la main et les posaient dans le panier. Lorsque le panier était plein, ils le vidait dans une grande corbeille ( "
clusque" en gascon ), et recommençaient le ramassage.
Lorsque la corbeille était remplie, un Homme, aidé par un second, chargeait la corbeille sur son épaule et allait à une extrémité du champ, vider le contenu dans la charrette, entreposé là à cet effet. Puis il repartait vers les ramasseurs aves sa corbeille vide et au passage aidait les ramasseurs qui avaient pris du retard sur les autres, afin que la récolte avance de front.
Et les opérations se répétaient ainsi tout au long de la récolte, sillon par sillon et épi par épi.
Lorsque une charrette était rempli, le paysan y attelait ses bœufs et se dirigeait, accompagné d'une deuxiéme personne, vers la grange ou il va stocker son maïs, Arrivé à destination, les épis sont déversés de la charrette dans une corbeille, puis, la corbeille est chargé sur l'épaule du paysan et emmené dans un coin de la grange. Là, le contenu de la corbeille est déversé au sol.
L'opération se répétait jusqu'à ce que la charrette soit vide, en veillant que la pile du maïs, dans la grange,  produise une pyramide.
Puis la charrette était ramenée sur le lieu de récolte.
Mais, aux environ de 16 à 17 heures, tout s'arrêtait et tout le monde se retrouvait autour d'une charrette, mais surtout, du panier recouvert d'une serviette. En sortait alors, du pâté, des graisserons, saucisson et autres fromages, accompagné de pain de campagne tout frais, réalisé pour l'occasion et cuit dans le four à pain de la ferme. Tout le monde se restaurait, tout en plaisantant. Sans oublier la gourde, car chacun savait boire au jet de la baudruche. Puis, lorsque tout ce beau monde était repu, le travail reprenait de plus belle.
La récolte pouvait durer un ou deux jours, selon la taille du champ ou le nombre de ramasseurs.
A la fin de la récolte, un gros tas d'épis étaient entreposé dans la grange, en attente de "l'Espourguére" qui se fera à la fin de l'automne ou au début de l'hiver, lorsque tous les travaux des champs seront terminés et que la nuit viendra de plus en plus tôt, laissant place à de longues soirées.
Ce travail était fastidieux et pénible, mais était un moment privilégié de convivialité et de liens indispensable à la vie du voisinage.


L'ESPOURGUERE

Les travaux des champs touchaient à leur fin, la récolte du raisin était maintenant terminée et le jus de raisin dans les fûts en attente de fermentation ( bouret ), les bogues des châtaigniers tombées au sol et ouvertes et les châtaignes récoltées, le temps est venu de penser à l'Espourguére.

Le paysan mobilisait à nouveau famille, voisins et amis en vue de l'opération.
Il définissait une ou plusieurs dates, toujours en soirée,
                               Aux environ de 9 heures du soir pour le début et de 11 à minuit pour la fin.
La journée précédant l'Espourguére, les préparatifs allaient bon train.
Préparation et mise en place des corbeilles et paniers destinés à recevoir les pignes de maïs (épis
dépouillés de leur feuillage), préparation du tas de maïs afin que les intervenants puissent se ranger en cercle, au plus prés du tas, et au sommet de la pile, un petit espace plat. Dans les greniers de la grange ou de l'habitation était nettoyé et préparé un espace destiné à recevoir les pignes fraîchement effeuillées.
Mais d'autres préparatifs, tout aussi importants, s'effectuaient à la maison.
Préparation et cuissons de châtaignes en quantité (
il en faut pour tout le monde ), préparation des bouteilles de "bouret", ( jus de raisin blanc en début de fermentation ) pour accompagner les châtaignes, et quelques fois, pour terminer, un peu de café.
Et voila le moment de l'Espourguére venu.
La nuit est tombée, la famille, parents, enfants et grands-parents, accompagnés des voisins et amis conviés à l'opération se dirigent, en conversant et plaisantant à haute voix, vers la grange contenant le maïs.
Arrivés sur place, les enfants grimpent allégrement sur le sommet de la pile sur le petit espace leur étant destiné.
Les "grands" eux, s'assoient, s'accroupissent ou se mettent à genoux tout autour de la pile, avec à proximité un panier.
Alors commence vraiment l'Espourguére.
Au bas de la pile, chacun prend un épi et le dépouille de son feuillage. Il jette la pigne de maïs dans un panier et le feuillage retiré (
le pourgue en gascon ) derrière lui. Tout en travaillant, on discute, on plaisante ou on chante; les enfants, jouent et s'amusent à monter et descendre du tas. Quelques fois, les bords du tas, miné par le bas, s'éboule, entrainant quelques enfants  au milieu des épis, dans un éclat de rire général de l'assemblée.
Lorsque les paniers étaient pleins ils étaient vidés dans les corbeilles, qui a leur tour , une fois remplies, étaient transportées à dos d'homme par l'escalier  jusqu'au grenier, ou elles étaient vidées pour former une nappe pas trop épaisse pour permettre la conservation et éviter la fermentation.

Vers 11 heures, le travail s'arrêtait et tout le monde se dirigeait vers la maison, prenant place autour de la grande table de ferme. On dégustait alors châtaignes, "bouret" et à la fin un café dans une agréable ambiance conviviale et chaleureuse.

Ce sont là aussi, des instants de la vie du groupe privilégiés. Convivialité, resserrement des liens .
Il n'était pas rare, au cours de ces travaux regroupant voisins et amis, que quelques idylles naissent, conduisant à de nouvelles réunions festives.

CI-DESSOUS, QUELQUES IMAGES.

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